Sans titre

 

Si mon jardin n'a pas de barrière
Que mes chiens vaquent au gré de leur flair
Si ma maison n'a pas de frontière
Entre les fleurs des champs et mes primevères.

Si ma porte n'a pas de serrure
Que l'étranger soit le binevenu
Si mes fenêtres n'ont pas de ferrure
Ni de volet pour chasser l'intrus.

Ce n'est pas par négligence
Ce n'est pas par imprudence...

Si je ne porte pas de vêtements
Que le soleil me caresse la peau
Si je suis nu de l'aube au couchant
Vivant d'un grand amour et d'un peu d'eau.

Si je suis tiré par deux chevaux
Que ma carriole soit mon unique voiture
Si mon réveil est le chant des oiseaux
En harmonie avec la Nature.

Ce n'est pas par indécence
Ce n'est pas par insolence...

Si je n'ai pas de télévision
Que ma vision du Monde est en disgrâce
Si je refuse la civilisation
Et vivre au rythme du métro qui passe.

Si mon Eden fut dans l'imaginaire
Que mes songes à jamais m'y emprisonnent
Si je prends les chemins de traverses
Au delà des sentiers battus par l'homme.

Ce n'est pas par malveillance
Ce n'est pas par concurrence...

Si je n'ai pas de titre à ma chanson
Que son refrain se joue sur deux accords
Si d'ailleurs ce n'était pas une chanson
Mais quelques images puisés dans mon for.

Ce n'est pas par ignorance
Ce n'est pas par complaisance...

...C'est que je rêve encore !

 

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